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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 08:37

Je m'étonne encore, mais le devrais-je, d'entendre des arguments frileux dans la bouche de personnes qui ne vont pas à la corrida sans vraiment la désavouer. Le sens de l'éthique ne paraît pas les avoir effleurés. Sans doute, un mécanisme interne a-t-il bloqué des facultés à s'émouvoir pour la bête, à réfléchir à ce que fait l'homme avec ses piques et ses tranchants au prétexte d'un amusement, mieux, d'un art et d'une tradition.

Si souvent entendues chez les gentils habitants de ma ville taurine les phrases du style : « Moi je n'aime pas la corrida, mais, bon, ceux qui n'aiment pas ne sont pas obligés d'y aller, chacun est libre... » ou bien : « Qu'on l'interdise aux enfants, oui, c'est normal, mais les adultes font ce qu'ils veulent... » ou : « C'est aux parents de décider d'emmener ou pas leurs enfants... » Et plus fallacieux : « Ici, il vaut mieux éviter de parler de la corrida... »

Ils sont nombreux à ne pas s'interroger sur la réalité de ce qui est nommé spectacle à l'intérieur de monuments romains antiques ou de leur copie moderne. L'enceinte des plus anciennes arènes résonnent encore de la souffrance des gladiateurs et de celle de tous les condamnés à une mort atroce dévorés par les fauves ou écrasés par un taureau furieux sans possibilité de se défendre. Le sang versé imprègne ces lieux de distraction des temps barbares où la vie humaine et animale ne comptaient pas, où la cruauté saisissait les hommes comme une maladie contagieuse. Il était dans les mœurs de tromper l'ennui en regardant combattre et mourir, d'applaudir le héros brave et la belle mort du vaincu. Sénèque s'en est ému jusqu'à exprimer son dégoût dans une lettre à Lucilius (cité dans mon livre Ni art ni culture) !

Aujourd'hui au XXIe siècle, nous assistons à la même hystérie collective, au désir de mort porté par la foule des spectateurs, à la satisfaction devant le sang bien versé et l'habit souillé du héros brandissant ses trophées. À côté des débordements hérités des croyances et modèles familiaux et des us et coutumes de certains groupes humains, le laxisme des autres évoque la soumission à l'autorité, l'interdiction de ressentir et d'exprimer des émotions, l'impossibilité d'être soi, l'imitation d'un modèle intrafamilial de non-respect de l'animal ou de l'indifférence à son égard, comportement appris dans l'enfance en l'absence de modèle contraire comme je l'ai déjà expliqué. D'autre part, la maltraitance subie dans l'enfance donne (en l'absence d'un témoin secourable) des comportements barbares de vengeance envers l'animal ou envers les humains et souvent commence par l'un pour finir par l'autre. L'attitude qui consiste à ne pas prendre position contre les sévices infligés aux taureaux et le sacrifice de nombreux chevaux au nom d'une pseudo-tolérance relève de l'inconscience totale, du manque d'empathie, de l'incapacité à penser ou de la difficulté à s'affirmer, le tout résultant du vécu au sein de la famille enracinée dans son histoire.

La soumission à l'autorité d'un maire et de son équipe qui interdit par arrêté toute expression de l'indignation naturelle devant la barbarie, prend racine dans l'éducation à type de pédagogie noire (terme de la psychanalyste, philosophe et sociologue Alice Miller) au nom de laquelle pour le bien de l'enfant, l'expression de soi lui est interdite et la soumission exigée, explicitement ou de façon dissimulée. Cette attitude se retrouve chez certains élus, particulièrement chez ceux qui préconisent, en nos villes taurines, de ne pas parler de la corrida (par crainte de la réaction de la figure d'autorité et en fidélité inconsciente à un pouvoir bien plus ancien). Elle se retrouve également chez ceux qui ne s'expriment pas sur le sujet et votent les subventions (allant à l'encontre de leur personnalité profonde encore tapie dans l'ombre) pour ne pas déplaire, faisant semblant de croire avec le chef, que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le parler franc, l'attitude claire et saine, éthique, la conscience morale de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas (Jung) impose de s'indigner et de s'opposer à toute forme de traitement cruel envers l'animal, particulièrement dans nos régions du sud ou la barbarie se donne en spectacle et se prétend un art et une tradition à transmettre aux enfants. Les écoles taurines bouclent la boucle de l’infamie en pratiquant la pédagogie noire qui consiste à enseigner aux enfants (en les mettant en danger) comment torturer et mettre à mort de jeunes animaux. Décidément, non, nous ne pouvons pas nous taire et nous contenter d'admettre qu'on puisse aimer ou pas la corrida.

Éthique et corrida
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 08:33

Depuis que l’Assemblée nationale, travaillée au corps par nos « 30 Millions d’Amis », a voté le projet de loi relatif à la modernisation du droit et reconnu l’animal comme « un être vivant doué de sensibilité » (article 515-14 du Code civil), je m’interroge sérieusement sur la qualité de vie des taureaux espagnols encore libres en cette période hivernale de filtrer par leurs naseaux l’air frais de la prairie.

Bien sûr, certains de leurs frères, et parmi eux des jeunes, ont déjà été embarqués sans précaution, comme bêtes à martyriser et à faire de la viande, dans des baraques roulantes, à destination des arènes du pays des droits de l’homme. La bise venue, le prédateur humain ressent déjà ou encore l’excitation du combat inégal entre l’animal puissant et son meurtrier en habit de lumière. Ce revêtement « féminin » tombera comme par magie quand, du transpercement de la bête par l’épée, naîtra enfin l’homme, comme le déclare un certain Julien Lescarret, matador de son état.

Nous pourrions nous étonner de ce qu’il faille autant de tracas, de soucis et de combats pour obtenir une reconnaissance qui aurait pourtant dû couler de source si l’homme avait évolué en harmonie avec la nature et donc avec le règne animal. Mais le respect et l’amour s’apprennent d’abord au sein de la famille ou à défaut au contact d’au moins une personne empathique et suffisamment proche de l’enfant. La violence s’expérimente également à partir de modèles, n’en déplaise à nos aficionados confits dans leur tradition et leur inébranlable certitude d’agir pour le bien des générations futures en transmettant l’ignoble coutume. Avant tout, il s’agit pour eux de préserver leur possibilité de jouir en toute impunité de la cruauté infligée au taureau ou au veau, et cela même si la corrida ne fait plus recette.

L’année 2014 a vu se dresser les anticorrida dans toutes les villes barbares, des condamnations sont tombées sur certains d’entre eux sans réussir à les briser. D’autres faits ont également marqué cette année :

Robert Margé, Simon Casas, les frères Jalabert, organisateurs de corridas, ont été rattrapés par le fisc pour avoir déclaré un taux réduit de TVA sur leurs spectacles de corridas, qui connaissent une baisse de fréquentation.

Marina Ruiz-Picasso, petite-fille du célébrissime peintre aficionado de corrida, a rejoint le comité d’honneur de la FLAC, Fédération des luttes pour l’abolition des corridas.

Le FLAC 66, Front des luttes pour l’abolition des corridas, a attaqué en justice l’arrêté de la municipalité de Millas interdisant tout rassemblement anticorrida à moins de 500 mètres des arènes. La commune a été condamnée à verser 1 500 euros à l’association.

La FLAC a tenu un stand aux Journées d’été d’EELV à Bordeaux.

Le CRAC Europe pour la protection de l’enfance a donné, le 4 novembre 2014, une conférence de presse à l’Assemblée nationale avec la participation des députés Damien Meslot, UMP, et Laurence Abeille, EELV, afin de rappeler leurs propositions visant l’abrogation de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du Code pénal.

Le 22 octobre 2014, au Parlement européen, une majorité de députés a refusé que des subventions soient versées aux éleveurs de taureaux destinés à la corrida. Cependant, la majorité absolue n’ayant pas été atteinte, l’amendement du député néerlandais Bas Eickhout a été rejeté.

Enfin, le Comité des droits de l’enfant (organe de l’ONU) a recommandé au Portugal, en février dernier, de prendre des mesures législatives permettant une meilleure protection des mineurs contre la violence des spectacles de tauromachie et examinera cette question pour la France au printemps de cette année. L’ONU condamne l’implication de mineurs dans la tauromachie, estimant que ces activités sont contraires à la Convention sur les droits de l’enfant.

Pour l’aspect négatif, je cite la ville surendettée de Dax qui a fait l’acquisition de taureaux et novillos pour la somme de 454 800 euros, représentant la valeur marchande de 72 bêtes considérées comme les objets des jeux cruels des hommes. Examinant son budget, cette même municipalité a décidé de ne pas reconduire Satiradax (le Festival de la satire) en 2015. Cherchez l’erreur !

Si donc j’ai bien compris le vote, le taureau de 4 ans dont on blesse les cornes, celui de 2 ans et le veau qui pleure dans l’arène à me déchirer les tripes sont aujourd’hui déclarés et reconnus doués de sensibilité au même titre que tous les animaux qui partagent avec l’Homme la planète Terre. Il n’y a donc aucune raison pour que ce statut juridique, qui devrait permettre aux juges d’appliquer les règles protectrices des animaux, ne concerne pas les taureaux massacrés dans l’arène. Ainsi, au lieu de la condamnation des défenseurs des taureaux, si souvent nommés « terroristes », obtiendrons-nous bientôt celle des toreros, banderilleros, picadors, matadors et organisateurs de corridas, celle des incitateurs à l’apprentissage dans les écoles taurines et des partisans de la gratuité du spectacle pour les enfants et les jeunes.

Cornes sensibles
26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 13:15

Même si notre bon vieux journal Sud-Ouest, par ailleurs redondant de chroniques taurines, ne s'en est pas fait l'écho, nous étions un certain nombre de manifestants anticorrida dimanche 19 juillet aux fêtes de Saint-Vincent-de-Tyrosse et samedi 25 aux fêtes de La Madeleine à Mont-de-Marsan.

Sous un soleil de plomb, le cortège s'est ébranlé à Saint-Vincent, bruyant de slogans, coloré de banderoles et de pancartes désignant la corrida comme une barbarie, une torture, un spectacle indigne dont les enfants doivent être protégés. Escortés par la gendarmerie et même les motards, nous avons parcouru sans anicroches les rues parallèles à l'artère principale où se déroulait la feria. Et oui, Il faut bien tout de même éviter de froisser les aficionados par notre liberté d'expression et de se faire agresser par ces mêmes personnes dans leur bon droit de se repaître pendant quelques jours du spectacle sanglant.

Sur notre passage des pouces levés et des bravos nous ont confortés dans notre légitime protestation et renseignés sur l'état d'esprit de quelques habitants de cette petite ville landaise. Ensuite, nous fûmes cantonnés non loin des arènes, et en vue de celles-ci, sur le passage des amateurs pressés de se rendre aux jeux du cirque du XXIè siècle. La police nous encadrant afin d'éviter tout débordement. Des enfants accompagnaient les parents vers le lieu de la torture mais je ne pus vérifier s'ils étaient nombreux à y pénétrer. Un garçon d'une dizaine d'années passant en voiture, nous nargua en applaudissant et en criant qu'il était pour la corrida.

Madame la maire qui avait accepté dans un premier temps notre stationnement à cet endroit, changea d'avis entre temps et nous fit déplacer plus loin et moins en vue évidemment. C'est une manie chez les maires des villes taurines ! Néanmoins, elle s'autorise à réfléchir sur l'opportunité d'interdire ou non le spectacle de corrida aux enfants.

La presse locale, débordée par le récit des exploits et accidents se déroulant au cœur du Plumaçon (les arènes de Mont-de-Marsan), ne mentionna pas non plus la présence des anticorrida dans le fief de la présidente de l'Union des villes taurines, Madame la maire Geneviève Darrieusecq. Bloqués entre deux barrières de policiers municipaux et nationaux, invisibles du côté des arènes, mais visibles de l'autre sur le passage des aficionados, nous y étions tout de même après avoir descendu le boulevard extérieur quasiment désert, depuis le point de ralliement.

Nous le constatons chaque fois, la manifestation n'est autorisée que dans la mesure où nous sommes parqués loin des arènes et quasiment hors de portée de vue des festayres et des amateurs de corrida. Ce que redoutent le plus les maires des villes taurines, ce sont les débordements auxquels pourraient se livrer les aficionados excités et avinés contre quelques manifestants armés de porte-voix, de sifflets et de pancartes. De quel côté est donc la violence ?

La tradition du Sud-Ouest, à goût de sang, à goût de mort, demeure bien gardée et la discussion difficile voire impossible avec certains passants se rendant à la fête ou à la corrida. L'accessibilité au plus grand nombre de personnes venues s'amuser aux ferias, dont beaucoup ne vont pas aux corridas (surtout parmi les jeunes), est rendue impossible par le confinement des anticorrida en des lieux retirés.

La France du Sud hispanisante est-elle en train de devenir plus « royaliste que le roi » au moment où les corridas s'éteignent dans plusieurs villes d'Espagne, où Madrid se déclare ville amie des animaux, où Saragosse cesse de subventionner ces spectacles ?

Les anticorridas s'invitent à la feria
24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 12:44

Se connaître par la psychogénéalogie, les racines de l'être, Editions Dervy-Médicis.

La psychogénéalogie : une exploration de l'histoire familiale.

Mon attirance pour la généalogie est née probablement à l'écoute des histoires de mes grands-mères qui aimaient à revenir sur leur enfance beaucoup moins dorée que la mienne. Néanmoins, lorsque je me suis vraiment penchée sur mon arbre, beaucoup plus tard, j'avais quelque peu perdu la mémoire... Ne me restaient que de vagues souvenirs.

Ma grand-mère paternelle ayant eu le loisir d'atteindre ses 95 ans, nous avons pu, au long de nos longs conciliabules, largement égrener l'histoire de sa lignée. C'est ainsi que je découvris mon fantôme : celui des frères dont on ne parlait pas, et que je portais en moi... Il était le frère aîné de ma grand-mère, disparu, oublié. Un voile obscur entourait sa vie et sa mort. La honte aussi était passée par là. D'Abel, plus personne n'avait jamais parlé jusqu'à ce réveil étrange à cause d'une petite phrase d'apparence anodine : « J'avais un frère aîné... »

Avant cela, mon père avait pris soin de m'appeler Isabelle... Mon prénom contenant celui d'Abel, oncle de mon père, dont il découvrit l'existence avec mes investigations. Je reconstituai ainsi l'histoire du fils oublié dans une biographie romancée Le premier des fils, à paraître. Son enfance et sa jeunesse marquées par les malheurs de la famille s'inscrivent dans la Grande Histoire, avec son système de répression et de punition, la confusion et le mélange des délits, entraînant vers le bagne de jeunes hommes dont les fautes n'étaient point incurables, ni déshonorantes... Ce jeune homme oublié, scandaleux pour l'époque, se trouva pris dans la machine terrifiante des Bataillons d'Afrique, à tuer du Berbère quand il n'avait jamais quitté sa campagne et ne comprenait pas le sens de ces combats pour gagner des territoires à la France. Un refus d'obéissance l'envoya finalement au bagne, à Biribi, avec les soldats-bagnards décrits par le grand journaliste Albert Londres.

Plus je levais le voile mystérieux grâce à mes recherches aux Archives Départementales de Maine et Loire, puis de Mayenne, au Centre Administratif de la Gendarmerie Nationale, au Service de Santé des Armées (Section des archives médicales et hospitalières), plus je comprenais pourquoi de tout temps je m'étais intéressée aux proscrits et aux bagnards... Quelque chose ou plutôt quelqu'un parlait en moi depuis toujours et m'habitait : un secret de famille autour d'un jeune homme disparu qui avait apporté la honte dans cette famille pauvre mais honnête du début du XXe Siècle.

Tandis que je réunissais mon puzzle autour du Premier des fils, advint un rêve dans lequel je vis ma mère, décédée dans mon enfance. Elle m'indiquait d'aller fouiller dans sa lignée...

Un fil tiré me dévoila une toile presque magique où je retrouvai une partie de mes ancêtres... à Paris, grâce à une généreuse passionnée de généalogie. Quelle heureuse surprise et quel éclairage soudain sur mon vif intérêt pour l'histoire de Paris. Depuis ma jeunesse, j'avais dévoré nombre de romans historiques avec la ville lumière pour décor ; la ville sombre aussi avec ses massacres, exécutions, révolutions, avec ses gavroches, gouailleuses, filles perdues et mômes abandonnés.

Des aïeux à Paris au cœur de la Commune, de quoi m'interpeller !

Aux archives de Paris, je fis ensuite une découverte étonnante : trois enfants abandonnés à l'Assistance publique, dont mon arrière-grand-mère maternelle, en lien de dates avec ma mère décédée précocement... et avec ma première fille décédée bébé. Extraordinairement, ma fille aînée portait par sa date de naissance la mémoire d'un jeune poilu mort à 20 ans et par sa date de décès, la mémoire de mon arrière-grand-mère, enfant abandonnée. Un croisement de dates et de prénoms, de maladies et de morts édifient cette lignée. Un livre relate les secrets et les douleurs de ma branche maternelle : Deux cœurs, les révélations de l'arbre, à paraître.

La psychogénéalogie a été créée dans les années 1970 par Anne Ancelin-Schützenberger, docteur en psychologie, psychanalyste, auteure du livre célèbre : Aïe mes aïeux ! D'après ses recherches et observations, les événements, traumatismes, secrets, conflits vécus par les ascendants d'un sujet conditionneraient ses troubles psychologiques, ses maladies, et ses comportements étranges ou inexplicables.

La psychogénéalogie a ensuite été augmentée des recherches et expériences d'autres thérapeutes qui ont apporté leur contribution avec leurs propres écrits. J'en cite quelques-uns : Paola del Castillo, Salomon Sellam qui utilise le terme de psychologie transgénérationnelle, Claude Vieux, Elisabeth Horowitz, Didier Dumas, psychanalyste spécialiste de l'autisme, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, et ses Secrets de famille, Maureen Boigen, Christine Ulivucci, Thomas Edye et ses archétypes transgénérationnels...

La psychogénéalogie qui rassemble les mots psychologie et généalogie est une plongée au cœur de l'histoire familiale d'un individu. Une exploration, une analyse des liens entre les personnages de l'arbre. Qui dit exploration dit découvertes... mais dit aussi trous noirs avec lesquels il va falloir composer. Jung nous rappelle la part de mystère entourant l'être humain.

L'histoire d'une personne commence d'abord avec un projet d'enfant ou bien une absence de projet. Etions-nous programmés, désirés ; sommes-nous le fruit du hasard, plus ou moins bien accepté ou carrément rejeté ? Sommes-nous un enfant de remplacement d'une sœur ou d'un frère décédés juste avant, d'un parent ou d'un grand-parent ?

Il est important de considérer aussi le moment de la conception : époque de l'année, période anniversaire, temps de guerre...

Ensuite nous allons nous pencher sur la naissance et son déroulement ainsi que sur l'entourage de la mère et donc l'accueil réservé à l'enfant. Il arrive que nous rencontrions dans l'arbre des histoires d'abandon, d'enfants morts-nés, de jumeaux perdus, de femmes mortes en couches, etc.

Certains prénoms sont en lien avec la naissance comme Anne qui évoque la stérilité (elle est invoquée pour les accouchements difficiles), comme Catherine, patronne des fausses-couches et des IVG.

Le prénom donné à l'enfant a un sens et raconte une partie de l'histoire familiale. Les parents croient souvent faire preuve d'originalité en choisissant un prénom, or, en descendant le long des lignées, nous découvrons un ou des prénoms similaires ou proches par la sonorité. Ce sont parfois des prénoms commençant ou se terminant par les mêmes syllabes ou lettres. Dans mon cas, le prénom original choisi par mes parents enfermait celui du jeune homme dont on ne parlait pas dans cette famille... Le prénom choisi peut aussi rappeler un ami, un amour perdu. Pour les prénoms à la mode, américains par exemple à cause des séries et des films, il convient de chercher l'origine et le sens. Jason vient de l'Hébreu Yehosua qui signifie « Dieu sauve » ; Kevin est irlandais et veut dire « beau garçon » ; Jennifer est Celte et signifie « claire, douce », etc. En Occident, nous sommes inconsciemment mis par nos parents sous la protection du saint correspondant à notre prénom ou de celui qui préside à notre date de naissance (lequel peut aussi donner des pistes sur l'histoire familiale). Les prénoms des migrants ont aussi leur propre sens. Par exemple Farida veut dire unique ; Anouar : étincelant, etc.

Le nom de famille, quant à lui, parle d'un lieu, d'un métier, d'une particularité physique ou mentale, d'une période de l'histoire. Il résonne aussi en fonction des régions et donne donc des indications.

Une fois né, l'individu porte le poids de son passé familial et surtout celui des traumatismes non digérés, non-dits devenus secrets et qui parfois parlent à travers des maladies (mal à dire), le mal-être, les accidents. La démarche thérapeutique consiste alors à reprendre contact avec les faits du passé, pour enfin régler ce qui ne l'a pas été. Faire le deuil d'une mort non acceptée, autour de laquelle les personnes en souffrance d'alors se sont tues. Dévoiler des secrets honteux pour enfin s'autoriser un ressenti, réparer et se séparer. Comprendre pour en guérir. Imaginer ce qui ne sera peut-être jamais certain pour enfin le mettre à distance. Sortir des fidélités et des devoirs pesants et s'autoriser la liberté d'être. Se libérer d'un « fantôme » qui hante à travers des rêves ou des comportements. Éclairer l'histoire souvent brouillée de la famille permet de devenir soi.

Nos aïeux parlent encore à travers des dates de naissance, de conception, de décès qui vont correspondre avec celles d'un descendant. Celui-ci est alors relié à cet aïeul dans une mémoire souvenir ou pour poursuivre une tâche non terminée, revenir sur une souffrance non dite, mettre à jour un secret. Le syndrome d'anniversaire vient rappeler le passé du clan : il se passe quelque chose à une date clé de l'histoire familiale. Par exemple, tomber malade à la période anniversaire de la mort d'un parent ou d'une grand-mère… déclencher une maladie en fidélité avec un parent ou un aïeul (études d'Anne Ancelin Schützenberger sur le cancer).

Avec l'exploration de l'arbre nous atteignons la mémoire collective et l'inconscient collectif (les mythes et les légendes fondatrices de l'humanité). La Grande Histoire nous ouvre les bras. Des prénoms et des dates sont en lien avec des mémoires de guerres, d'épidémies, de famine, de génocides... Nous plongeons également au sein des us et coutumes de la région de naissance. L'histoire du clan s'inscrit dans l'environnement socioculturel.

Dans certaines familles existe une double (et parfois plus) culture issue de migrations, déplacements de population ou mariages mixtes. Le descendant est imprégné de ces cultures différentes et doit intégrer le fait d'avoir des racines là et ailleurs. Cela peut présenter des difficultés dans la recherche mais aussi dans la compréhension.

Pour les personnes sans mémoire consciente s'ouvre cependant des possibles. Je fais allusion aux placements suite à l'abandon, à l'adoption, aux enfants nés à la suite d'une procréation assistée, ou autres situations de ce type. Il est souhaitable de demander à ouvrir les dossiers, de poser des questions à l'entourage, de reconstituer son histoire par l'imagination, à partir de la connaissance du pays ou de la région d'origine. Les dates renvoient à des situations similaires dans l'arbre de parents adoptifs, par exemple, ce qui permet d'émettre des hypothèses éclairantes.

La descente le long des racines familiales est souvent un véritable travail de fourmi, la reconstitution minutieuse et toujours émouvante d'un puzzle. Des pauses se révèlent nécessaires pour prendre le temps d'analyser. C'est une prise de conscience qui mène à la compréhension, à la libération, et pour finir à la joie d'être soi, en lien avec le clan mais débarrassé des ombres agissantes ou séparé mais libre d'être enfin Soi. Avec cette exploration, nous éclairons l'avenir.

Site : http://www.isabellenail.fr

La psychogénéalogie: une exploration...
17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 13:17
Livres

* Se connaître par la psychogénéalogie, les racines de l'être, Editions Dervy, 2014.

Extrait :

" Nous sommes en fonction de ce que nous avons été, mais aussi en fonction de ce que nos ancêtres ont vécu. nous sommes constitués de notre essence originale à laquelle s'ajoutent des traces d'autres essences, éthérées peut-être, vivantes certainement. En lien avec nos aïeux, nous sommes également liés au passé de l'humanité."

* Ni art ni culture, Editions Astobelarra, 2014.

Extrait :

"Quant à moi, je me sens forte de la conviction que l'indignité de l'homme c'est de se rendre encore, au XXIè siècle, aux jeux du cirque pour y voir mourir des taureaux suppliciés."

* Libertad, Théâtre, Editions Le Solitaire.

* Au vent de la guerre, Le Solitaire.

* Vertiges, les chemins d'illusion, roman,

L'Harmattan.

* Bleu horizon, roman, Cheminements.

* Le châtiment, roman, Les 2 Encres.

* Heurtebise, roman, Les 2 Encres.

Les livres sont disponibles en librairie ou sur les divers sites de vente.

Essai résolument anticorrida.

Essai résolument anticorrida.

1942... la cavale d'un jeune homme vers l'Afrique du Nord pour rejoindre les Forces françaises libres...

1942... la cavale d'un jeune homme vers l'Afrique du Nord pour rejoindre les Forces françaises libres...

La vie d'une famille pendant la guerre 14-18.

La vie d'une famille pendant la guerre 14-18.

La quête d'un groupe de jeunes hippies...

La quête d'un groupe de jeunes hippies...

Une famille dans la Guerre 14-18.

Une famille dans la Guerre 14-18.

Drame dans la vie d'Armand, médecin de campagne à la fin du XIXè siècle.

Drame dans la vie d'Armand, médecin de campagne à la fin du XIXè siècle.

Intrigue autour du domaine Heurtebise.

Intrigue autour du domaine Heurtebise.

11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 09:09

Cette pièce de théâtre fut mon hommage personnel aux poilus. Elle évoque la vie des femmes organisée autour de l'attente et brisée par les deuils ou renversée par les traumatismes de leurs hommes partis sur le front en croyant en revenir avant Noël de l'année 1914.

Les souffrances des unes y apparaissent en parallèle à celles des hommes, réservant souvent des zones d'incompréhension au moment des retours. La mort frappe impitoyablement les jeunes hommes autant que les aînés réservistes. Elle demeure omniprésente au sein des familles, rendant difficile la reconstruction des survivants.

Les lettres envoyées par les poilus à leur foyer sont imaginées à partir des historiques de différents régiments angevins fournis à l'époque de mes recherches par le Service historique de l'armée de terre (SHAT). D'autres lettres sont inspirées par les documents du Service de documentation historique de la Croix-Rouge ou par ceux du Musée de Service de santé des armées.

A l'époque de l'écriture de la pièce, je n'avais pas encore trouvé de poilus dans mon arbre généalogique, et m'interrogeais à propos de mon vif intérêt pour la guerre 14-18. J'avais créé un personnage prénommé Jules que j'avais fait mourir à 20 ans sur le front. Juste avant la dernière représentation, je découvris dans mon arbre un Jules mort à 20 ans sur le front, en lien de date avec ma fille aînée. Ensuite j'en découvris deux autres, médaillés pour leur courage.

La dernière représentation de la pièce, alors appelée "Bleu horizon", eut lieu pour le 90è anniversaire de l'armistice, à l'Atrium de Dax. Après avoir chanté la Madelon au début du spectacle, chacun des acteurs incarnant un poilu dédia sa prestation aux combattants découverts dans son histoire familiale.

Les comédiennes et les comédiens (petits et grands) et le chien Jimmy, se montrèrent particulièrement à la hauteur et je les en remercie encore aujourd'hui.

Pièce publiée au Editions Le Solitaire.

Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
Au vent de la guerre
20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 13:31

La psychogénéalogie a été créée dans les années 1970 par Anne Ancelin-Schützenberger, docteur en psychologie, auteure du livre célèbre : Aïe mes aïeux! . D'après ses recherches et observations, les événements, traumatismes, secrets, conflits vécus par les ascendants d'un sujet conditionneraient ses troubles psychologiques, ses maladies, et ses comportements étranges ou inexplicables.

La psychogénéalogie a ensuite été augmentée des recherches et expériences d'autres thérapeutes qui ont apporté leur contribution avec leurs propres écrits. J'en cite quelques-uns : Paola del Castillo, Salomon Sellam qui utilise le terme de psychologie transgénérationnelle, Claude Vieux, Elisabeth Horowitz, Didier Dumas, psychanalyste spécialiste de l'autisme, Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, et ses secrets de famille, Maureen Boigen, Thomas Edye et ses archétypes transgénérationnels...

La psychogénéalogie qui rassemble les mots psychologie et généalogie est une plongée au cœur de l'histoire familiale d'un individu. Une exploration, une analyse des liens entre les personnages de l'arbre. Qui dit exploration dit découvertes... mais dit aussi trous noirs avec lesquels il va falloir composer.

Avec l'exploration de l'arbre nous atteignons la mémoire collective et l'inconscient collectif (les mythes et les légendes fondatrices de l'humanité). La Grand Histoire nous ouvre les bras. Des prénoms et des dates sont en lien avec des mémoires de guerres, d'épidémies, de famine, de génocides... Nous plongeons également au sein des us et coutumes de la région de naissance. L'histoire du clan s'inscrit dans l'environnement socioculturel.

En conclusion : la descente le long des racines familiales est souvent un véritable travail de fourmi, la reconstitution minutieuse et toujours émouvante d'un puzzle. Des pauses se révèlent nécessaires pour prendre le temps d'analyser. C'est une prise de conscience qui mène à la compréhension, à la libération, et pour finir à la joie d'être soi, en lien avec le clan mais débarrassé des ombres agissantes ou séparé mais libre d'être enfin soi.

Collection Chemins de l'Harmonie, Dervy.

Collection Chemins de l'Harmonie, Dervy.

3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 13:16

Se connaître par la psychogénéalogie,

les racines de l'être.

 

Conférence débat, mardi 17 juin à 20h,

 

Maison des associations

 Saint-Paul-lès-Dax, parking de la mairie,

salle n°1.

Entrée gratuite.

 

 

Organisée par l'Association landaise d'accompagnement des parents.

 

L'exploration de l'arbre met en évidence nos liens avec les générations précédentes et particulièrement avec les malheurs de nos aïeux, enracinés dans les coutumes des lieux qui les ont vu naître, vivre et mourir. De ces liens découlent des comportements, un mal-être ou des maladies qui sont autant de freins puissants à la découverte de soi, et donc à la liberté d'être. Nos racines plongent dans le terreau familial, ancestral, avant de rejoindre la source de la mémoire collective. La descente en profondeur, le long des racines, vise à mettre de l'ordre, à ramener l'ombre de l'inconnu à la lumière de la conscience, afin de rassembler les éléments constitutifs de notre être dans un but d'unification et de libération. Nous sommes toute notre histoire et celle de l'humanité.

 

Descendre le long des racines, un long cheminement à la découverte de soi.

 

Chez Dervy-Médicis, collection Chemins de l'Harmonie.

Chez Dervy-Médicis, collection Chemins de l'Harmonie.

Se connaître par la psychogénéalogie

La particularité du transgénérationnel réside dans le fait qu'il existe une véritable circulation des "mémoires" familiales.
Salomon Sellam.

Femmes de ma lignée : grands-mères et grand-tante... et les hommes aussi...
Femmes de ma lignée : grands-mères et grand-tante... et les hommes aussi...
Femmes de ma lignée : grands-mères et grand-tante... et les hommes aussi...

Femmes de ma lignée : grands-mères et grand-tante... et les hommes aussi...

5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 13:45

Pour évoquer, affirmer et confirmer sa position anticorrida, l'auteure, praticienne de la psychologie analytique (Jung), a choisi de retracer un parcours qui la conduit de son Anjou natale aux festivités d'Arles et au choc premier ressenti à la vue d'une corrida. Rien ne la prédestinait à devenir un jour conseillère municipale dans une ville à vocation taurine (Dax) et à s'opposer à ce jeu barbare, et pourtant, cette volonté allait déclencher un sacré remue-ménage, du jamais vu en ce fief garant d'une tradition espagnole revendiquée comme culture du sud de la France.

Dans les entrelacs de son récit, se glissent l'analyse des profils d'aficionados, le portrait de quelques toreras et toreros du passé et d'aujourd'hui, le symbolisme du sacrifice du taureau depuis les temps anciens, le rappel des jeux de Crète et de Rome, la recherche de l'impact de ce spectacle sur les enfants, la mise en évidence des influences familiales et environnementales, le scandale des écoles taurines. S'ajoutent les épisodes d'une année exceptionnelle dans l'escalade d'un mouvement contre la perpétuation d'une tradition indigne, manifestations en forme de marée montante, relayées par de courageux députés, par des personnalités du monde politique et juridique, par des philosophes, écrivains, journalistes, artistes, scientifiques, psychiatres et psychologues... Protestations soutenues par des organisations structurées, fermement décidées à obtenir l'abolition de la corrida. Ce dernier vestige des jeux du cirque.

Préface du professeur Hubert Montagner, Docteur ès-sciences (psychophysiologie), éthologue, ancien directeur de recherches à l'INSERN, auteur.

Postface de Michel Bon, analyste jungien, sociologue, auteur.

Pastel de couverture Thierry Hély, président de la FLAC anticorrida.

Pastel de couverture Thierry Hély, président de la FLAC anticorrida.

A l'heure où l'émission "Calejon" n'hésite pas à faire du prosélytisme envers les enfants en souhaitant le libre accès de ces derniers aux arènes sanglantes, ce livre explique les influences qu'ils subissent dès leur petite enfance afin de trouver belle, normale et jouissive la torture suivie de mort du taureau, et dénonce le scandale des écoles tauromachiques où les enfants apprennent la cruauté tout en mettant leur vie en danger. Il n'est pas digne d'un être humain d'envelopper d'oripeaux et de tradition le supplice infligé au taureau jusqu'à sa mort. Il n'est pas digne d'en faire un spectacle à la gloire de l'homme et encore moins d'influencer les enfants. Il n'est pas digne de chercher dans la lointaine préhistoire des preuves de l'existence d'un jeu de torture et de mort avec l'aurochs : nos ancêtres des cavernes, des plaines et des montagnes, chassaient pour leur survie, comme les Indiens d'Amérique poursuivaient les bisons et avant eux les "Longues cornes", déjà vers 8500 av. J.-C. Chez les aficionados, le ridicule des recherches de preuves visant à prouver l'existence d'une tradition préhistorique de la corrida, ne s'accompagne pas, malheureusement, de réflexion sur l'évolution de l'humanité.

Mais est-il vrai... que toute tradition sous prétexte qu'elle arrive enveloppée de couleurs et de lumières est quelque chose de bon, de beau et d'inoffensif ?

Alice Miller, philosophe, psychanalyste (1923-2010).

5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 13:36
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