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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 14:15

Même si notre bon vieux journal Sud-Ouest, par ailleurs redondant de chroniques taurines, ne s'en est pas fait l'écho, nous étions un certain nombre de manifestants anticorrida dimanche 19 juillet aux fêtes de Saint-Vincent-de-Tyrosse et samedi 25 aux fêtes de La Madeleine à Mont-de-Marsan.

Sous un soleil de plomb, le cortège s'est ébranlé à Saint-Vincent, bruyant de slogans, coloré de banderoles et de pancartes désignant la corrida comme une barbarie, une torture, un spectacle indigne dont les enfants doivent être protégés. Escortés par la gendarmerie et même les motards, nous avons parcouru sans anicroches les rues parallèles à l'artère principale où se déroulait la feria. Et oui, Il faut bien tout de même éviter de froisser les aficionados par notre liberté d'expression et de se faire agresser par ces mêmes personnes dans leur bon droit de se repaître pendant quelques jours du spectacle sanglant.

Sur notre passage des pouces levés et des bravos nous ont confortés dans notre légitime protestation et renseignés sur l'état d'esprit de quelques habitants de cette petite ville landaise. Ensuite, nous fûmes cantonnés non loin des arènes, et en vue de celles-ci, sur le passage des amateurs pressés de se rendre aux jeux du cirque du XXIè siècle. La police nous encadrant afin d'éviter tout débordement. Des enfants accompagnaient les parents vers le lieu de la torture mais je ne pus vérifier s'ils étaient nombreux à y pénétrer. Un garçon d'une dizaine d'années passant en voiture, nous nargua en applaudissant et en criant qu'il était pour la corrida.

Madame la maire qui avait accepté dans un premier temps notre stationnement à cet endroit, changea d'avis entre temps et nous fit déplacer plus loin et moins en vue évidemment. C'est une manie chez les maires des villes taurines ! Néanmoins, elle s'autorise à réfléchir sur l'opportunité d'interdire ou non le spectacle de corrida aux enfants.

La presse locale, débordée par le récit des exploits et accidents se déroulant au cœur du Plumaçon (les arènes de Mont-de-Marsan), ne mentionna pas non plus la présence des anticorrida dans le fief de la présidente de l'Union des villes taurines, Madame la maire Geneviève Darrieusecq. Bloqués entre deux barrières de policiers municipaux et nationaux, invisibles du côté des arènes, mais visibles de l'autre sur le passage des aficionados, nous y étions tout de même après avoir descendu le boulevard extérieur quasiment désert, depuis le point de ralliement.

Nous le constatons chaque fois, la manifestation n'est autorisée que dans la mesure où nous sommes parqués loin des arènes et quasiment hors de portée de vue des festayres et des amateurs de corrida. Ce que redoutent le plus les maires des villes taurines, ce sont les débordements auxquels pourraient se livrer les aficionados excités et avinés contre quelques manifestants armés de porte-voix, de sifflets et de pancartes. De quel côté est donc la violence ?

La tradition du Sud-Ouest, à goût de sang, à goût de mort, demeure bien gardée et la discussion difficile voire impossible avec certains passants se rendant à la fête ou à la corrida. L'accessibilité au plus grand nombre de personnes venues s'amuser aux ferias, dont beaucoup ne vont pas aux corridas (surtout parmi les jeunes), est rendue impossible par le confinement des anticorrida en des lieux retirés.

La France du Sud hispanisante est-elle en train de devenir plus « royaliste que le roi » au moment où les corridas s'éteignent dans plusieurs villes d'Espagne, où Madrid se déclare ville amie des animaux, où Saragosse cesse de subventionner ces spectacles ?

Les anticorridas s'invitent à la feria

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